Etudes et Analyses

Étudiant-entrepreneur : interview du Pepite oZer à Grenoble

Nous avons eu le plaisir d'interviewer Bertile Lecomte, chargée du suivi des étudiants-entrepreneurs au sein du Pépite oZer de l'université Grenoble Alpes. Elle nous parle des candidats au statut étudiant-entrepreneur, de leurs craintes, etc. et nous livre quelques conseils.

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Étudiant-entrepreneur : interview du Pepite oZer à Grenoble

Credit Photo : oZer

- Pourriez-vous vous présenter en quelques mots svp ?

Bertile Lecomte, j'ai 25 ans, je suis chargée de l'accompagnement des étudiants-entrepreneurs dans leur projet de création d'entreprise. Les accompagner, c'est organiser le quotidien de l'espace de coworking dans lequel ils travaillent, construire des formations en lien avec des experts, assurer un suivi individualisé des projets, etc.


Bertile Lecomte, chargée d
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- Depuis quand ce Pôle est-il en place ?

Le Pépite oZer existe depuis plus de 10 ans, mais il ne s'est pas toujours appelé ainsi. D'abord Maison de l'Entrepreneuriat, ce pôle a changé de nom pour s'appeler Pépite (Pôle Etudiant Pour l'Innovation le Transfert et l'Entrepreneuriat) en 2012.

- Combien de candidatures recevez-vous pour le statut d'étudiant-entrepreneur ? Combien d'entre elles sont-elles retenues ?

Nous labellisons des étudiants-entrepreneurs 2 fois dans l'année. En moyenne, nous recevons une cinquantaine de candidatures à chaque comité. Les 3/4 sont retenues pour la labellisation.

- Quels conseils donnez-vous aux candidatures qui ont été refusées ?

Les candidatures refusées le sont pour plusieurs raisons, nous adaptons donc les conseils en fonction des situations ; prendre le temps de finir une année d'études qui semblent complexe (master finance par exemple qui demande beaucoup d'investissement), réflexion personnelle du porteur sur lui-même, nous conseillons au porteur de prendre son temps pour assurer sa décision de création, car cela a tout de même de fortes conséquences sur son parcours universitaire.

- Quelles motivations rencontrez-vous chez les étudiants ? Dans quels états d'esprit sont-ils ? Qu'est-ce qui vous surprend le plus chez vos étudiants-entrepreneurs ?

La motivation vient là aussi de différents endroits ; l'adrénaline ? Pouvoir se dépasser, créer un "truc à soi" dans le milieu universitaire où l'on se sent parfois un peu noyé dans la masse, une passion pour un domaine qui devient un vrai projet (sport ++), une peur du monde salarial qui fait que les étudiants préfèrent se créer leur propre poste, etc.
Ils sont dans des états d'esprit bien différents selon les profils. Certains font de ce projet de création d'entreprise le centre de leur quotidien. Ils vont donc en cours au minimum pour réussir leur diplôme (condition très importante de notre côté) et passent tout leur temps libre sur leur projet de création. D'autres sont sceptiques sur l'aboutissement de leur projet et trouvent donc plus compliqué de s'y atteler au quotidien. Certains sont en équipe, cela aide pour se motiver chaque jour.
Je suis étonnée par leur détermination pour certains, par leur audace d'aller rencontrer les acteurs qui aideront leur projet, il faut avoir du courage pour aller lever des fonds, rencontrer un banquier, valider un logo qui sera leur identité pour les prochaines années, ils m'impressionnent !

- Dans quel domaine rencontrez-vous le plus de projets ?

Le numérique a bien sûr beaucoup de succès... mais pas que ! L'économie sociale et solidaire prend aussi doucement, mais sûrement sa place parmi les projets !

- Quelles sont les difficultés les plus rencontrées par les étudiants ?

Il n'est pas facile pour les étudiants de concilier les études et la création d'entreprise. Les examens, les travaux de groupes, tout cela demande du temps et de l'énergie. Pas facile de doser son investissement pour ne pas être à bout de souffle dès les premiers mois.

- Quelles sont les pires craintes des étudiants ?

NE PAS RÉUSSIR. La notion d'échec est très présente chez les étudiants. Rater leur diplôme bien sûr, car c'est un challenge pour beaucoup de réussir diplôme et création d'entreprise simultanément. L'aspect financier fait peur aussi, car pour beaucoup c'est un domaine inconnu jusqu'alors qu'ils découvrent en créant leur entreprise. Et enfin l'équipe. Beaucoup montent des projets en équipe qui évoluent dans l'année, les associés vont et viennent et cela n'est pas évident pour la stabilité du projet par moment.

- Quelles sont, selon vous, les qualités/compétences d'un bon étudiant-entrepreneur ?

Un bon étudiant-entrepreneur est un scotch double face ! ahaha. Être étudiant- entrepreneur, c'est assumer une double casquette. Un bon étudiant-entrepreneur est donc un étudiant qui accorde de l'intérêt à ses études (en tire parti pour acquérir des compétences utiles pour son projet de création d'entreprise) et à la fois un entrepreneur capable de prendre du recul sur sa vie étudiante et montrer une maturité parfois supérieure à celle des personnes qui l'entourent, pas facile !

- Quels sont vos rapports avec les incubateurs et les business angels ? Comment, concrètement, mettez-vous en lien les étudiants et ces acteurs ?

Nous avons de nombreux partenaires sur Grenoble, financiers et non financiers. Notre vocation n'est pas de choisir à la place des étudiants-entrepreneurs les acteurs qu'ils doivent solliciter pour accompagner leur projet. Nous leur faisons connaitre notre écosystème par des événements, des conférences et autres, mais n'obligeons en aucun cas des relations partenariales avec des acteurs présélectionnés. Nous sommes un tremplin vers tout cet écosystème, et nous aimons nous dire que nous laissons le choix aux étudiants-entrepreneurs de prendre toutes les directions qu'ils souhaitent en sortant de chez nous.

- Selon vous, quels sont les points-clés pour remporter le prix PEPITE ?

Pour remporter ce prix, il faut savoir innover. L'innovation est un concept large, et nous en avons l'image uniquement technologique, image erronée je trouve. Il faut se projeter dans des projets qui sortent de l'ordinaire, qui étonnent, qui chamboulent, qui proposent des modèles différents, et cela, c'est possible dans tous les domaines d'activité, pas que dans la technologie.

- Quels seraient vos conseils aux étudiants qui hésitent à lancer leurs projets ?

Foncez ! L'entrepreneuriat étudiant c'est super ! Le risque est moindre, pas d'enfants, pas de maison à rembourser, un parcours professionnel qui reste complètement à écrire, c'est le moment idéal ! Pour entreprendre, il faut bien se connaître, connaître ses forces et ses limites, et savoir s'entourer de ceux qui pourront faire grandir leur projet.

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