Etudes et Analyses

Satya Nadella : une première année réussie à la tête de Microsoft

L'arrivée d'un nouveau PDG à la tête de Microsoft est toujours un véritable évènement. En effet, en presque 40 ans d'histoire, la firme californienne n'en avait connu que deux, Bill Gates et Steve Ballmer. C'est désormais à Satya Nadella qu'il incombe de faire retrouver au géant des logiciels sa dynamique vers les sommets, avec une méthode qui commence déjà à faire ses preuves.

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Satya Nadella

Droits: CC By SA 2.0 Crédits: Jacoplane http://en.wikipedia.org/wiki/Satya_Nadella#mediaviewer/File:Satya_Nadella.jpg

Satya Nadella, le choix de la promotion interne

Si certains actionnaires réclamaient une nomination externe pour secouer Microsoft (plus de 128 000 salariés), c'est finalement par promotion interne que Satya Nadella, 47 ans, est arrivé au poste de PDG, le 4 février 2014. Né en Inde, à Hyderabad, cet ingénieur diplômé de l'Université de Chicago a rejoint le groupe Microsoft en 1992, à 25 ans. Gravissant les échelons rapidement, il connaît parfaitement les rouages stratégiques de l'entreprise : avant d'être nommé PDG, il fut responsable de la branche Cloud et Entreprise de Microsoft, avec un chiffre d'affaire annuel de 16 milliards d'euros.

Un modèle économique plus que jamais tourné vers le nuage

Il succède ainsi à Steve Ballmer, qui avait pris les rênes de l'entreprise en 2000, mais dont la communication balourde et les échecs stratégiques (Windows 8, tablette Surface, Bing...) avaient sonné le glas. La nomination de Satya Nadella est un signal fort vers un business model orienté vers les services en ligne : en interne, l'ingénieur indo-américain a été le grand architecte de la migration de Microsoft vers le Cloud. Les services « dans le nuage » supposent le dépassement du modèle traditionnel de Microsoft, qui fut longtemps d'implanter Windows dans chaque foyer et entreprise de la planète. C'est la migration de nombreux logiciels vers les services en ligne que les actionnaires veulent achever en nommant Nadella à la tête de l'entreprise, supposant une évolution radicale dans l'approche du marché : les logiciels sont ainsi appelés à devenir des services auxquels les utilisateurs s'abonnent.

Un dégraissage des processus... et des effectifs

Ce virage, qu'on déjà pris de nombreux acteurs du secteur, est plus difficile à mettre en place chez Microsoft, la plus grande entreprise de logiciels au monde. Satya Nadella s'est donc attaché à dégraisser le mammouth avec 18 000 licenciements (dont la majorité seront opérés chez Nokia, récemment racheté par Microsoft). Resserrement des équipes, assouplissement des processus, mais aussi raccourcissement des cycles de mise à jour des produits : les 18 mois entre chaque mise à jour de Windows sont devenus trop long dans le nouveau marché des systèmes d'exploitation. Nadella a également annoncé une mesure phare pour attirer les éditeurs de logiciels vers ses plateformes : ils pourront bientôt écrire une seule application qui tournera sur Windows, Windows Phone et XBox, ainsi qu'iOS et Android.

Avec Office 365, la Enterprise Mobility Suite et Windows Phone, la mobilité est au coeur de la nouvelle stratégie de Microsoft. Les marchés financiers sont sous le charme : depuis le début de l'année, l'action de Microsoft a augmentée de 32%. De quoi faire passer les critiques sur sa rémunération pharamineuse (près de 67 millions d'euros sur l'année, dont la plupart en actions). Mais pour les actionnaires, l'ambition retrouvée est à ce prix.